L’ICANN évoque un risque de piratage de grande ampleur, visant des noms de domaine du monde entier

   La Société pour l’attribution des noms de domaine et des numéros sur Internet (ICANN) a évoqué une attaque informatique de grande ampleur visant certains composants clés de l’infrastructure du système des noms de domaine.

Dans le cadre du nombre croissant de signalements d’activités malveillantes ayant pour cible l’infrastructure du DNS, l’ICANN plaide pour le déploiement complet des extensions de sécurité du système des noms de domaine (DNSSEC) pour tous les noms de domaine non sécurisés. L’ICANN réaffirme sa volonté de s’impliquer dans des initiatives collaboratives visant à préserver la sécurité, la stabilité et la résilience des systèmes d’identificateurs mondiaux de l’Internet.

En tant que membre du groupe d’entités chargées de la gestion décentralisée de l’Internet, l’ICANN est responsable de la coordination du plus haut niveau du DNS et veille à son fonctionnement stable et sûr, ainsi qu’à la ré-solvabilité universelle.

Le 15 février 2019, en réponse à des signalements d’attaques contre des composants de l’infrastructure du DNS, l’ICANN a proposé aux membres de l’industrie des noms de domaine, opérateurs de registre, bureaux d’enregistrement, revendeurs et autres, une liste de contrôle contenant des mesures de sécurité recommandées pour protéger de manière proactive leurs systèmes, les systèmes de leurs clients et les informations disponibles à travers le DNS.

Les rapports publics font état d’attaques systématiques et multiformes qui ont recours à différentes méthodologies. Une partie de ces attaques visent le DNS, où des changements non autorisés sont introduits dans la structure de délégation des noms de domaine afin de remplacer les adresses des serveurs légitimes par des adresses de machines contrôlées par des attaquants. Ce type d’attaque spécifique, qui a pour cible le DNS, intervient uniquement lorsque le système d’extensions de sécurité du système des noms de domaine (DNSEEC) n’est pas activé. Le système DNSSEC repose sur une technologie développée pour se prémunir contre de telles attaques grâce à une « signature » numérique des données qui permet d’en garantir la validité. Si les DNSSEC ne sont pas la solution à toutes les formes d’attaques contre le DNS, leur activation permet néanmoins de détecter des modifications non autorisées des informations du DNS et d’empêcher ainsi que les utilisateurs soient redirigés à leur insu.

L’ICANN reconnaît depuis longtemps l’importance des DNSSEC et appelle à la mise en œuvre complète de cette technologie dans tous les domaines. Même s’il ne s’agit pas d’une solution pour tous les problèmes de sécurité de l’Internet, elle permet de garantir que les internautes accèdent à la destination recherchée en empêchant les attaques dites « de l’homme du milieu », où l’internaute est redirigé à son insu vers un site potentiellement malveillant. Les DNSSEC viennent compléter d’autres technologies, comme la sécurité de la couche transport (TLS), utilisée notamment avec HTTPS, qui protège la communication entre l’utilisateur final et le domaine.

En tant que coordonnateur du niveau le plus élevé du DNS, l’ICANN peut aider à détecter et à atténuer les risques liés au DNS et faciliter des discussions essentielles avec ses partenaires. L’organisation considère que tous les membres de l’écosystème des noms de domaine doivent travailler de concert afin de produire de meilleurs outils et des politiques capables de sécuriser le DNS et d’autres opérations critiques de l’Internet. Pour faciliter ces efforts, l’ICANN prévoit un événement où la communauté Internet pourra aborder la question de la protection du DNS : une séance ouverte pendant la 64e réunion publique de l’ICANN, qui aura lieu du 9 au 14 mars 2019 à Kobe (Japon).